Chiffres à géométrie variable (ça fait peur un titre comme ça)

Publié le par Noir Papillon

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Nouvelle journée de manifestation, nouvelle guéguerre des chiffres. Deux millions pour les syndicats, 560 000 pour la police. Le gouvernement se réjouit de la perte de vitesse, tout est normal.

 

Ce qui parait plus bizarre, c'est l'unanimité dans la presse pour rejoindre cette analyse, y compris dans les journaux orientés à gauche. Le chiffre avancé par les syndicats, même s'il est probablement gonflé, ne l'est probablement pas plus qu'auparavant, et offre une situation plutôt similaire aux débuts du mouvement. Vu le contexte (texte qui vient d'être voté et vacances scolaires), c'est une performance appréciable.

 

On peut voir deux explication : les journalistes et éditorialistes avaient déjà leurs analyse toute prête sur la perte de vitesse du mouvement social, et ils avaient sans doute mieux à faire que de revoir leur copie. Ca c'est l'explication comique. L'autre, moins drôle, c'est que ces mêmes journaux ont un pouvoir considérable. Quelle que fut l'emprise de Nicolas Sarkozy sur eux en 2007, ils furent les vrais grands gagnants de la campagne présidentielle. Ce sont eux qui ont orienté la décision des électeurs, et l'avance considérable des deux candidats principaux en est la parfaite démonstration. Le gouvernement n'est pas le seul à se cramponner à son pouvoir et à vouloir l'aggrandir. Les journalistes ont compris qu'ils peuvent influencer sur le cours des évènements, et pour eux aussi, la contestation populaire n'est qu'un bug à maîtriser. Si effectivement le mouvement faiblit malgré la performance d'hier, ce sera leur victoire : la victoire du "on-dit" et de l'information préprogrammée sur la vérité.

 

Reste une évidence : gonflés ou sous-évalués, le chiffrage du nombre de manifestants n'a aucune importance. On lui fait dire absolument ce qu'on veut.

Publié dans Manifestations

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